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Désiré François Laugée

Peinture : Le siège de Saint-Quentin

Le siège de Saint-Quentin
Le siège de Saint-Quentin

Désiré François Laugée
Le siège de Saint-Quentin


Technique : Huile
Support : Toile
Sujet : Tableau historique représentant le siège de Saint Quentin dans l'Aisne
Localisation : Musee-Antoine-Lecuyer
Date : 1852 - Lieu : Saint-Quentin

Le siège de Saint-Quentin par Désiré François Laugée

Le siège de Saint Quentin Desire Francois Laugee peintre poete peintres et sculpteurs

Le Siège de Saint-Quentin : Peinture de Désiré François Laugée représentant le siège de Saint Quentin en 1557. Toile aujourd’hui au musée Lécuyer de Saint-Quentin.
Dans le feuilleton de la Presse du 12 mai 1852, Théophile Gautier commente comme suit ce tableau présenté au Salon de 1852 : « L’auteur de Zurbaran dessinant le Christ, Mr Laugée, expose cette année une peinture d’un style et d’une manière tout différente. Son siège de Saint-Quentin est une œuvre remarquable et d’une grande vigueur que n’auraient pas fait soupçonner la touche légère et le coloris argenté de son premier tableau un peu imité de Dubleyras. Le harnois militaire de cette époque (1556) se prête mieux à la peinture que les uniformes actuels. Il y a des ressources pour l’art dans ces morions, ces gorgerins, ces plastrons, ces cuirasses, ces pourpoints de buffle, ces arquebuses, ces dagues, ces épées à coquille, ces figures basanées et farouches empreintes de la physionomie violente du temps ; la stratégie moderne ne vient pas gêner de ses lignes inflexibles la liberté du peintre, réduit à n’être plus qu’un ingénieur et à changer son tableau en plan à vol d’oiseau lorsqu’il représente une bataille contemporaine.
Le Siège de Saint-Quentin rentre dans les possibilités de la peinture. C’est une lutte acharnée entre un petit nombre de combattants qui se tirent des coups d’arquebuses, se pourfendent à coups d’estramaçons, se mutilent, se daguent, luttent corps à corps, se renversent, se mordent et se déchiquètent avec une furie et un acharnement incroyables, dans l’éboulement de la brèche, sous la muraille éventrée dont les blocs roulent pèle mêle parmi les cadavres qu’ils écrasent. Ce torrent d’hommes et de pierres est rendu avec un ruissellement admirable ; on dirait une cascade de carnage dont chaque flot hurle et tue ; par la disposition même du sujet, l’action commence au haut de la toile et les groupes s’étagent pittoresquement en présentant des lignes variées et rompues ; plusieurs ne seraient pas déplacés, pour leur furie de mouvement et leur force d’exécution, dans la Grande Bataille de Salvator Rosa, ce poème de violence et de fureur sauvage.
Par malheur, l’enlacement des combattants est si inextricable que l’on a de la peine à suivre le corps de chacun dans un fouillis fourmillant de têtes, de bras et de membres crispés. Tout se retrouve pourtant avec quelque attention, et l’écheveau de la mêlée se débrouille. Le Siège de Saint-Quentin, qu’on ne remarque pas assez peut-être et qui eût mérité, selon nous, les honneurs du grand salon, place Monsieur Laugée à un rang très honorable parmi notre jeune école. » Théophile Gautier.
Dans le Feuilleton du Journal le Public du 23 mai 1852, Claude Vignon commente ainsi ce tableau : « Nous avons un assez bon tableau de Monsieur Laugée, mais moins fort cependant que sa Mort de Zurbaran. Le Siège de Saint-Quentin est d’une jolie couleur, et montre quelquefois des tons fins et riches. La composition est mouvementée et s’agence bien, quoiqu’elle soit peut-être un peu confuse et manque de parti-pris ; mais la figure qui tombe sur le devant du tableau est très bien composée et d’un effet dramatique. » Claude Vignon.
Dans la Revue de Paris, Albert de la Fuzelières commente ce tableau à l’occasion du salon de 1852 : « Le Siège de Saint-Quentin, par Monsieur Laugée, annonce un talent plein de belles maturités et de sérieuses observations. Les Espagnols escaladent les avant-postes que les Saint-Quentinois défendent comme il convient à de rudes compagnons. C’est une grappe d’hommes suspendue au-dessus d’un abîme, sans mouvements outrés, sans gestes forcés, naturellement, ainsi que cela a dû se passer. Un Espagnol, abattu par une arquebuse, tombe en entraînant une pierre détachée sous son effort, donne à Monsieur Laugée l’occasion d’un tour de force de dessin parfaitement réussi. L’homme qui sort de la porte et passe son bras par dessus un combattant pour tirer un coup de pistolet aux assaillants est aussi d’une vérité extrême ; mais pourquoi avoir mis là une femme qui porte un étendard ? Cela sent la Jeanne Hachette ; c’est théâtral et de mauvais effet. » Albert de la Fuzelières.
Dans l’Eclair du 23 avril 1852, Edmond et Jules de Goncerat, commentent ce tableau : « Une furieuse dégringolade, un chaos d’armes, de blessés, de soldats, de reîtres, qui glisse, qui se cramponne, qui perd pied, qui croule ; tout en bas, contre le cadre, un homme, qu’on voit de dos, en jaune, le justaucorps déchiré, lancé dans le vide, qui empoigne une pierre, s’y retourne les ongles, et tombe ; au-dessus de lui, un autre, renversé sur le coude, brandissant un tronçon d’épée, ajusté et de près, et qui va le rejoindre, et la mêlée, et les arquebusades, et les hommes et les hallebardes, et la muraille qui s’effondre, et les poitrines qui saignent ! – Tous les personnages de Monsieur Laugée sont d’un superbe lancé. Il a précipité son avalanche avec une grande fougue ; tout le monde reconnaît l’entraîné et l’emporté de son culbutis. En dehors des qualités d’agencement, Monsieur Laugée peut revendiquer des qualités de coloriste, et du meilleur coloriste. Sa toile a une fleur, un agrément de tons délicieux. Le gris, le jaune-soufre, le bleu tendre, le rouge carmin qui dominent, se marient harmonieusement par tout le tableau lumineusement égayé. » Edmond et Jules de Goncerat.

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